Rats, araignées, souris… Peu d’animaux suscitent autant d’émotions contrastées. Peur panique pour certains, fascination pour d’autres, voire véritable affection chez ceux qui choisissent d’en faire des compagnons à part entière.
Car oui, ces animaux sont parfois accueillis dans nos foyers comme NAC (nouveaux animaux de compagnie), alors qu’ils sont redoutés dans d’autres contextes, notamment en milieu professionnel ou domestique, où leur présence peut poser des problèmes sanitaires ou matériels.
Face à cette ambivalence, il devient essentiel de mieux comprendre leur comportement et leurs facultés. Non pas pour les juger, mais pour ajuster nos réactions : entre respect du vivant, sécurité des lieux, et efficacité des interventions.
Des animaux loin d’être “bêtes” : ce que nous dit la science
Longtemps perçus comme de simples envahisseurs, les rats, souris ou araignées révèlent pourtant, à l’observation, des capacités cognitives impressionnantes. Les rats, par exemple, sont capables de mémoriser des parcours complexes, comme l’ont montré de nombreuses expériences en laboratoire avec des labyrinthes. Ils développent des cartes mentales de leur environnement, adaptent leurs trajets, apprennent de leurs erreurs.
Mais leur intelligence ne s’arrête pas là : ils vivent en groupes organisés, où la communication est permanente. Par l’odorat, les sons ou les postures, ils échangent des informations et peuvent même apprendre par imitation. Leur structure sociale repose sur des formes d’entraide et de hiérarchie, bien loin de l’image désorganisée souvent véhiculée.
Ces espèces possèdent aussi une perception fine de leur environnement. Elles détectent les changements, les dangers, et peuvent ressentir du stress en cas de menace. Cela influence directement leur comportement : prudence accrue, évitement des pièges, méfiance envers les nouveautés (ce que l’on appelle la néophobie chez les rats).
Du côté des araignées, bien que moins étudiées, les découvertes sont tout aussi fascinantes. Elles perçoivent leur environnement principalement par les vibrations transmises à travers leur toile ou le sol. Ce sens hyper-développé leur permet d’anticiper une proie… ou un danger. Contrairement aux idées reçues, leur comportement n’est pas agressif, mais souvent guidé par la fuite ou l’immobilité.

Une relation ambivalente avec l’humain : entre attachement et répulsion
Notre rapport aux rongeurs ou aux araignées est tout sauf uniforme. Certains les considèrent comme des intrus à éliminer, d’autres comme des compagnons à apprivoiser. C’est particulièrement vrai pour les rats domestiques, de plus en plus présents dans les foyers en tant que NAC.

Ces animaux, loin d’être indifférents, sont capables de reconnaître leur maître, d’interagir avec lui et même de développer des formes d’attachement. Ils cherchent le contact. Certains rats domestiques peuvent reconnaître un son ou une voix familière (potentiellement leur nom) et interagir avec leur humain en adoptant des comportements similaires à ceux observés chez des animaux plus traditionnellement domestiqués.
Mais cette familiarité ne suffit pas à effacer les peurs ancrées. La répulsion que provoquent souvent ces espèces tient moins à leur comportement réel qu’à l’image qu’on s’en fait. La peur des rats, des souris ou des araignées s’ancre dans des représentations culturelles anciennes, nourries par les contes, les mythes… et parfois les mauvaises expériences. Pourtant, la majorité d’entre eux ne représentent pas une menace directe, et certaines phobies se développent simplement par méconnaissance.
Ce contraste rend notre relation à ces animaux profondément ambivalente : entre tendresse pour un individu familier et rejet d’un semblable croisé dans une cave ou un grenier.
Conclusion
Qu’il vive dans une cage, sous un toit ou derrière un mur, un animal reste un être vivant avec ses propres capacités, stratégies et comportements. Le rat n’est pas toujours un fléau, l’araignée pas forcément une menace. Leur place dépend de nos représentations, mais aussi du cadre dans lequel on les rencontre.
Ce qui se joue entre l’humain et ces espèces, c’est souvent une histoire de perception, de cohabitation possible ou non, et d’émotions — parfois contradictoires. Comprendre leur monde, c’est aussi mieux comprendre le nôtre. Et cela nous permet, en tant que professionnels, de rester attentifs à l’essentiel : protéger sans caricaturer, agir sans éradiquer, accompagner sans juger.








